Gay Pride : Une abomination ?
Nous voilà confrontés une nouvelle fois aux revendications de la communauté gay, et à leur volonté de défiler à Jérusalem fin juin, après la Gay Pride du 5 juin à Tel-Aviv. Des manifestations religieuses sont déjà prévues pour empêcher « la parade de l’abomination », des kabbalistes prédiraient un châtiment divin sévère en cas de récidive cette année : « guerre au nord et au sud ainsi que des tremblements de terre partout dans le monde ».
Il n’est peut être pas hasardeux que la deuxième guerre du Liban débuta le jour de la déclaration du porte-parole de la communauté homosexuelle israélienne, le 12 juillet 2006 (au 13e jour de la guerre avec le Hamas au Sud) : « Aucune annulation de prévue, la World-Pride aura bien lieu le 10 aout à Jérusalem ! ». Quelques heures après, le Hezbollah attaque à la frontière nord israélo-libanaise : quatre civils israéliens sont blessés par des tirs de roquettes, le Hezbollah capture deux soldats israéliens et huit autres sont tués dans les opérations au Sud-Liban. Le lendemain, Israël impose un blocus général sur le Liban, et le jour suivant le Hezbollah déclare la guerre ouverte à Israël ; la Guerre du Liban II - 6e guerre israélo-arabe - était déclenchée.
Réprobation religieuse uniquement ? Si l’on en croit les sondages de cette même année : 75 % des Israéliens (dont 50 % de laïcs) s'opposent à la tenue de la Gay Pride dans la ville. L'opposition est motivée par des raisons religieuses, et par la volonté de « préserver le caractère spirituel et sacré de la capitale ».
Pour comprendre s’il faut accepter ou non ce genre de manifestation en public dans les rues de la capitale, faisons abstraction dans un premier temps de l’argument religieux souvent virulent et abrupt, et mettons de côté l’émotion suscitée par la souillure du caractère sacré de la terre et de la ville sainte.
Définissons ce qu’est une « abomination » : c’est une chose qui provoque un sentiment d’effroi suscité par la peur ressentie face à un danger (présent ou à venir).
Quel est, d’une part, ce danger auquel l’homosexualité nous exposerait ? D’autre part, quel est ce besoin d’afficher sa fierté d’être contre-nature, de l’exprimer et de l’imposer de manière exhibitionniste dans les lieux publics ?
« Contre-nature » avons-nous dit ? C’est du moins ce qu’en disent les biologistes et les psychologues. L’avis des biologistes est sans détour, même pour les évolutionnistes agnostiques les plus radicaux, la théorie de Darwin considérant la sexualité exclusivement comme un moyen de reproduction, les processus de l'évolution éliminent automatiquement les gènes qui n'ont pas de descendance. Cette théorie est démontrée par les tenants de la « sélection sexuelle ». Pour les biologistes, si l’homosexualité était exclusive il n’y aurait aucune descendance. La nature étant régie par l’instinct de survie (dans la sélection naturelle pour les darwiniens), le choix de la nature est l’hétérosexualité ; l’homosexualité est donc contre-nature.
Pourtant, on observe aujourd’hui des comportements homo ou bisexuels, à des taux variés mais non négligeable, chez les animaux. Ce sujet fait débat au sein des scientifiques qui tentent de démontrer que l’homosexualité dans le règne animal est une anomalie. La question est : Pourquoi découvrons-nous aujourd’hui de plus en plus d’anomalies dans la nature, qui par définition rejette tout comportement « déviant » ?
Du côté des psychologues, ou plus précisément des théoriciens de l’éthologie (science des mœurs), il existe un comportement humain et animal d’autodétermination, le monde aspire à la perfection, que ce soit inné pour les défenseurs de la téléologie (les processus biologiques répondent à une Raison créatrice) ou téléonomique pour qui ce concept de finalité est régi par le désir de survie.
Pour les psychanalystes, ce qui caractérise la perversion ce n’est pas d’être dans le mal, c’est de jouir du mal. Seul l’homme est capable de transformer sa pulsion destructrice en idéal du bien ou pour commettre les pires choses. Parce qu’il ne permet pas la procréation, l’homosexualité est un acte contre-nature. L’homosexuel est considéré, depuis la naissance de la psychiatrie en 1802, comme une perversion suprême.
Les sexologues eux, la mettent dans la catégorie des anomalies sexuelles. Le refus de procréer est le vice par excellence ; même pendant l’Antiquité, le pédéraste est considéré comme « normal » à condition qu’il procrée pour la cité, même si on ne demande pas à un homme de désirer les femmes.
Selon Konrad Lorenz, prix Nobel de physiologie, sans un système social de valeurs fortes imposées et régulatrices des mœurs, la nature « domestique » de l'homme civilisé prendra le dessus. Nous obtiendrons alors une civilisation d'obèses, hypersexualisés, immatures et passant leur temps à se divertir.
Dans tous les cas, il y a une nécessité dans l’écosystème à l’organisation et la stabilité structurelle du comportement des êtres vivants. Sous cet aspect, la nature ne peut entrevoir un changement qui irait à l’encontre d’un système humain psycho-socio-politique. Le rejet de l’homosexualité est donc naturel puisque cette dernière est elle contre-nature.
Si aujourd’hui la société laisse ce comportement (voire l’encourage) se normaliser, c’est qu’elle n’entrevoit pas ses retombées et n’a donc pas encore conscience de ses dangers.
Mais « les faits sont têtus », disait Lénine. La civilisation a déjà goûté aux affres de la décadence dans son Histoire. Les conséquences de la dépravation et de l’émancipation des mœurs, par l’hédonisme et la sublimation du sexe, sont connues : une crise à caractère économique et social provoqua la chute de l'Empire romain. Plus qu’un déclin, c’est la disparition que Rome a subie après avoir connu une position de domination complète sur les autres civilisations, et est devenu l’archétype de la décadence.
La Rome antique fut rendue vulnérable suite à sa déchéance morale et sociale et entraina sa perte ; Rome n’est plus, la Chrétienté est née. Tous les Empires qui connurent la dépravation ont péri à l’instar de l’Empire romain ou des royaumes hellénistes.
C’est au niveau anthropologique que nous apprenons les réactions de la civilisation face à la déchéance et à la perte des valeurs. Le monde devenant cruel et immoral, les hommes finissent par rejeter l’hédonisme pour un idéal basé sur l’éthique et la morale. En réplique aux mœurs dépravées gréco-romaines, les peuples opprimés ainsi que l’aristocratie romaine adoptèrent le christianisme comme religion d’Etat. En Grèce, la soif de spirituel fit mourir Socrate pour avoir « détourné la jeunesse de la crainte des dieux » et fit naître Platon et Aristote pour apporter des preuves rationnelles à l’existence de Dieu.
Il existe deux tendances inhérentes à l’humain : sa conscience intuitive d’une dépendance absolue vis-à-vis du divin d’une part, et de l’autre, la nécessité intrinsèque d’affirmation de soi. Des phases intuitives, rationnelles et empiriques seront à la base de cette oscillation dépendance/indépendance qui caractérise l’humanité toute entière. Seule une prise de conscience de la complémentarité de ses deux forces, telle qu’elles sont orientées par la Torah au travers des mitsvot, permettra au monde de s’harmoniser.
Le retour aux sources est inéluctable, face au vide qui s’installe conséquemment au libertinage à outrance ; l’esprit d’égo qu’il engendre détruit toutes les valeurs dans la société moderne, et s’oppose finalement au désir de perpétuer l’espèce.
À propos de notre dernière question, au sujet des animaux, on se tournera vers l’école behavioriste de l’éthologie pour résoudre l’énigme de la déviation anormale du genre animal. En effet, selon cette école, même si leur comportement est instinctif (supranaturel ?), les animaux s’adaptent finalement à leur environnement et acquièrent leurs comportements par l’apprentissage (ce qui n’oppose en rien les notions d’inné et d’acquis qui se complètent pour leur coexistence), leur déviance est donc la conséquence des déviances humaines de leur entourage.
Il est intéressant de constater que la Torah, plusieurs centaines de siècles avant la naissance de cette science, nous dévoila quelques-unes de ces notions du comportement animal dans le chapitre du Déluge : « D-ieu considéra que la terre était corrompue, toutes créatures ayant perverti sa voie sur terre», et Rachi de commenter : « Toutes créatures : Les bêtes domestiques, les animaux sauvages et les oiseaux s'unissaient en dehors de leur propre espèce ». Les animaux ont fini par s’adapter en imitant l’homme, la destruction par la nature était inévitable, le Déluge n’en fut que la conséquence.
Abomination ? C’est bien de cela qu’il s’agit. La réaction naturelle de l’homme se doit de rejeter tout danger qui se profile à l’horizon, il en va de sa survie.
Le désir de reconnaissance et l’exhibition de leur « fierté » d’être anormal n’a pas de sens. L’homosexualité est aujourd’hui un fait social qui s’est répandu avec la libération des mœurs, cependant en tant que pratique sexuelle c’est une question de vie privée. Étant définie comme contre-nature et contre-productive, elle ne peut s’imposer dans la société ; elle n’a pas non plus besoin de réclamer des « droits » ou de la reconnaissance.
Il y a eu des homosexuels dans toutes les époques et à tous les degrés de l’échelle sociale, on en trouve autant dans le monde artistique que politique ; et on peut constater que même Jules César, qualifié de « mari de toutes les femmes et épouse de tous les hommes », n’a pas eu besoin de Gay-Pride pour s’affirmer et régner sur tout l’Empire romain (Alexandre le Grand non plus). En outre, la fierté est un sentiment personnel (avec une connotation négative de vantardise et de vanité), et rendre public le fait que l’on s'estime n’a rien d’honorable, la fierté n’a donc rien à faire sur la place publique. Le respect de la différence ne s’impose pas non plus dans la rue de cette manière, l’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui est une agression qui atteint en premier lieu les enfants, et est intolérable. De plus, le statut de l’Etat d’Israël défini comme Etat juif et le caractère saint de Jérusalem pour 2 106 962 000 Chrétiens, 1 283 424 000 Musulmans et 14 990 000 Juifs, n’est pas négligeable non plus, me semble-t-il, et se doit donc d’être respecté.
Il est évident que le slogan « Pour le respect et la tolérance d’autrui » de la Gay-Pride est un mensonge énorme et en contradiction avec leur comportement, bafouant ainsi l’article IV de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « la liberté des uns s’arrête la où commence celle des autres », s’applique aussi à eux.
S’ils désirent être respectés, ils doivent se limiter à vivre leurs fantasmes dans la sphère privée, comme nous tous. Il leurs restera à apprendre de l’Autour de La Fontaine :
Un manant au miroir prenait des oisillons.
Le fantôme brillant attire une alouette.
Aussitôt un autour, planant sur les sillons,
Descend des airs, fond et se jette
Sur celle qui chantait, quoique près du tombeau.
Elle avait évité la perfide machine,
Lorsque, se rencontrant sous la main de l'oiseau,
Elle sent son ongle maline.
Pendant qu'à la plumer l'autour est occupé,
Lui-même sous les rets demeure enveloppé :
« Oiseleur, laisse-moi, dit-il en son langage;
Je ne t'ai jamais fait de mal ».
L'oiseleur repartit : « Ce petit animal
T'en avait-il fait davantage ? »
Les injustices des pervers
Servent souvent d'excuse aux nôtres.
Telle est la loi de l'univers : Si tu veux qu'on t'épargne, épargne aussi les autres.
Jonat sur http://cjonat.over-blog.com/
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