Mardi 7 novembre 2006
FFL LibertyVox
 
Dans la négative, peut-on porter plainte contre ces derniers ?
FFL, notre nouveau chroniqueur, poursuit ce débat qui pourrait bien devenir un cauchemar pour les chancelleries européennes.
 
Le 21 avril 2004 Abdelkader Bouziane, imam de Vénissieux, était expulsé de France vers l'Algérie, par décision du Ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, pour avoir incité à la violence envers les femmes.
Consciemment ou non (et on peut se demander lequel est le pire), Monsieur Sarkozy commettait l'erreur de traiter un symptôme au lieu de traiter sa cause. En médecine, le résultat probable de ce type de pratique est de tuer le patient ! Abdelkader Bouziane était en effet un bouc émissaire dont la condamnation ne faisait que cacher la véritable source de l'incitation à violence.
L'imam était tout simplement dans son rôle en prêchant une violence qui est inscrite dans son livre saint, qu'il croit par ailleurs être incréé, la transcription fidèle de la parole de Dieu.
 
L'arrêté d'expulsion ne protégeait que le consensus étatiquement imposé du « politiquement correct », tout en ne faisant rien pour améliorer l'état du malade - la France - et en permettant à la maladie - l'Islam littéral - de continuer à le ronger en toute quiétude.
Si je parle ici d'Islam littéral et non d' « islamisme » ou d' « Islam intégriste », c'est qu'il s'agit tout simplement de l'Islam pris « à la lettre », l'application mot pour mot des injonctions coraniques, qui légitiment (rendent légale) la violence envers les femmes.
 
En plus de protéger le politiquement correct, le ministre contribuait au renforcement d'un tabou, un interdit psychologique, l'idée diffuse que l'on ne « touche pas aux textes sacrés ».
Et quand on considère la violence générée à l'échelle mondiale par la publication de quelques caricatures du prophète (et surtout amplifiée par l'imam danois Abu Laban au moyen de caricatures non publiées et autrement plus insultantes qu'il présenta à des dignitaires musulmans étrangers dans le but de les provoquer), on peut penser que c'est la peur de l'explosion qui guidait Nicolas Sarkozy.
Or l'Occident, et la France en particulier, ont aussi leurs intangibles, leurs valeurs fondamentales et fondatrices, dont la remise en question menace la nature même, et en dernier ressort l'existence, de notre civilisation. Nées des lumières et de la révolution, et de la guerre d'indépendance des Etats Unis d'Amérique, ces valeurs ont inspiré les Droits de l'Homme et du Citoyen, et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Elles s'expriment, entre autres, dans les principes de liberté, la liberté d'expression et la liberté de religion.
 
La liberté d'expression est particulièrement essentielle. Pierre de touche de la liberté de pensée, elle conditionne toutes les autres. Permettant de discuter des idées sans être inquiété, elle autorise et conditionne le débat démocratique.
Supprimer la liberté d'expression, c'est réprimer la pensée, limiter son développement et effectivement supprimer la démocratie. A ce titre, la liberté d'expression est toujours un enjeu dans les combats entre les démocraties et les totalitarismes.
La liberté d'expression n'existait pas en URSS, n'existait pas sous le joug du nazisme, et n'existe pas, ou si peu, en Chine communiste, à Cuba, en Corée du Nord ou, significativement, dans les pays où l'Islam définit la loi.
 
Or, dans le conflit qui oppose la démocratie occidentale à l'Islam littéral et hégémonique, la liberté d'expression est constamment remise en question.
Mais cette remise en question n'a pas lieu sur le terrain démocratique de la discussion.
L'Islam est légaliste par nature, et si les islamistes méprisent les lois républicaines aussi profondément qu'ils méprisent la démocratie, ils sont néanmoins prêts à les utiliser pour anéantir la démocratie.
Ils utilisent la « stratégie victimaire du faible au fort » décrite par Alexandre Del Valle pour inhiber la critique, défense immunitaire du système démocratique, et forts de leur statut de victimes, du soutien du politiquement correct et de la partialité d'une justice enivrée par le discours victimaire des associations pseudo antiracistes, attaquent les libertés démocratiques fondamentales sur le terrain légal.
C'est l'OCI qui demande à l'ONU de limiter la liberté d'expression, c'est le CFCM qui poursuit France Soir. L'OCI et le CFCM poursuivent ainsi la même finalité que Mohammed Bouyeri lors du meurtre rituel de Theo Van Gogh. Le terrorisme intellectuel des premiers est bien le frère du terrorisme tout court du second, et leur but commun est de faire taire les critiques de l'Islam.
 
Ces ennemis mortels de la démocratie commettent une erreur fondamentale.
Comme notre liberté d'expression, la liberté de pratique religieuse dont ils bénéficient en Occident est garantie par les Droits de l'Homme. Leur assaut sur la liberté d'expression doit nous amener, par contrecoup, à réexaminer et éventuellement redéfinir ou préciser la liberté de religion.
La liberté de religion semble justifiée lorsqu'elle a pour vocation de protéger les minorités religieuses contre la persécution, particulièrement au regard des guerres de religion et des massacres qui ont eu lieu au cours de l'histoire (et continuent de se produire).
Elle ne signifie pas pour autant que tout doit être permis au nom de la religion.
 
La liberté de religion repose en outre sur un flou « artistique » quant à la définition de ce qui constitue une religion, et implique la multiplicité des croyances. Elle a aussi la particularité de ne pas être véritablement une liberté individuelle.
Concernant la définition des religions, il est amusant de constater l'absence de différence objective entre une « religion » et une « secte ».
Le nombre d'adeptes n'est pas un critère valide puisque les « grandes » religions ont commencé avec un seul prophète ou une poignée de fidèles.
En l'absence de distinction objective, on notera que n'importe quel courant d'idées peut utiliser un déguisement religieux pour se propager.
Il serait facile d'ironiser sur une nouvelle religion dont les préceptes incluraient le refus de payer des impôts et la conduite sans permis, mais n'oublions pas que, dans le cas de l'Islam par exemple, le prophète a été moqué avant d'être suivi.
Aujourd'hui il est mal vu de ridiculiser l'Islam. Il incarne pourtant une idéologie qui contredit les valeurs républicaines sur des questions bien plus fondamentales que le paiement des impôts ou la conduite sans permis.
 
Concernant la multiplicité des croyances, il convient de remarquer que toute religion qui s'autoproclame au dessus des autres tout en prétendant investir l'espace public entre par ce fait en conflit avec toutes les autres religions, qu'elle dénigre, et par conséquent avec le principe même de la liberté de religion, qui implique l'acceptation de la multiplicité des croyances.
Par conséquent, la liberté de religion n'est compatible avec la démocratie et la multiplicité religieuse que si elle s'exerce dans la sphère privée avec le respect le plus total pour la neutralité de l'espace public.
Elle ne doit concerner que le domaine spirituel, et une religion qui s'exprime politiquement ne doit pas pouvoir utiliser le prétexte de la liberté de religion pour interdire la critique de ses idées sur le plan politique.
 
On doit aussi constater que la liberté de religion n'est généralement pas une liberté individuelle. Elle ne peut pas l'être véritablement, dans la mesure où les croyances sont largement transmises en tant qu'élément d'un héritage culturel. Les enfants apprennent en premier la religion de leurs parents, et lorsque l'implant religieux s'approprie les peurs enfantines à la manière d'un virus qui modifie pour se répliquer le code ADN d'un malade, il est extrêmement difficile de l'extraire par la suite.
L'éducation religieuse privée imposée à certains enfants, ajoutée dans le cas de l'Islam à la criminalisation de l'apostasie sous peine de mort, totalement inconstitutionnelle par rapport à la loi française mais jamais dénoncée par les politiciens au pouvoir, ne font que rendre la liberté religieuse encore plus illusoire en ce qui concerne les individus.
 
Nous voyons aujourd'hui une religion, protégée par les libertés républicaines, se retourner contre elles en attaquant la liberté d'expression sur le terrain légal.
Ce faisant, cette religion a rompu le pacte tacite qui limite son influence à la sphère privée.
Dès lors, il est de notre devoir de l'examiner, d'analyser ses préceptes, de les critiquer, et le cas échéant de les remettre en question.
 
Or, ceci n'est guère difficile dans le cas de l'Islam, puisque le Coran a depuis longtemps été traduit. Les islamistes, vrais extrémistes ou faux modérés, n'aiment pas que les occidentaux lisent le Coran. Ce n'est pas surprenant !
Lire le Coran, c'est regarder l'Islam dans son intimité, sans son maquillage politiquement correct de « religion de paix et d'amour ».
L'Islam du Coran, l'Islam littéral, c'est l'Islam hégémonique, dominateur, intolérant, cruel, obscurantiste, hostile à tous les non musulmans et, par dessus tout, aux Juifs.
 
« Pour comprendre le Coran il faut comprendre l'Arabe », nous disent les imams et les collaborateurs qui prêchent l' « apaisement ». C'est faux bien entendu, puisque cette objection n'est jamais opposée aux convertis à l'Islam qui ne sont pas arabophones. En outre, des commentaires éclairés sont disponibles, notamment ceux d'Anne-Marie Delcambre, docteur en civilisation islamique et professeur d'Arabe classique.
 
Ce qui ressort de façon évidente de la lecture du Coran, et se trouve confirmé par les commentaires des spécialistes impartiaux (c'est à dire non islamisés), c'est qu'il véhicule des valeurs qui sont totalement en conflit avec celles des démocraties occidentales, qu'on a le tort de croire universelles alors qu'elles sont totalement méprisées par ceux qui les retournent contre la démocratie.
Oui, le Coran confère aux femmes un statut inférieur à celui des hommes.
Oui, le Coran entérine la pratique de l'esclavage puisqu'il précise même que les esclaves peuvent être utilisés sexuellement.
Oui, le Coran recommande aux musulmans de ne pas avoir d'amis Juifs ou Chrétiens parce que « vous finiriez par leur ressembler, et Dieu ne sera pas le guide des pervers ».
Oui, le Coran incite à la haine.
Oui, le Coran appelle même au meurtre, à la mutilation et à la déportation des vaincus.
Oui, le Coran établit la supériorité des combattants sur les non combattants.
Et le Coran institue aussi comme exemple le prophète Mahomet, dont la vie reflète si fidèlement les « enseignements » du livre qu'il est permis de se demander s'il ne l'a pas dicté comme justification à posteriori, ou au fil des événements, de ses propres actions.
 
Le Coran contient des incitations à la haine d'une telle intensité et d'une telle évidence qu'il serait déjà tombé sous le coup de la loi s'il n'était pas un texte religieux, auréolé du respect accordé aux croyances par des démocraties dont la tolérance confine à la pulsion suicidaire.
Or, la loi ne prévoit pas de dispenses pour les prophètes ou prêcheurs lorsqu'il s'agit d'attiser la haine.
 
Le temps arrivera forcément où la question suivante devra être examinée : les textes sacrés sont-ils au dessus des lois ? Dans une démocratie laïque, la réponse ne peut être qu'un non sans équivoque.
Quand des caricaturistes, webmasters ou romanciers sont poursuivis et parfois condamnés sous prétexte d'incitation à la haine alors qu'ils n'utilisent que l'humour ou le raisonnement, sans jamais prêcher la violence, les éditeurs, distributeurs et revendeurs de textes sacrés qui justifient des discriminations, ordonnent des mutilations ou appellent au meurtre des incroyants doivent être mis devant leurs responsabilités. Et surtout, les livres eux-mêmes doivent être remis en question.
Il en est de même pour les prêcheurs qui propagent ces incitations criminelles, mais l'expulsion d'un Bouziane ne doit pas servir à protéger la source de son idéologie. La justice, l'égalité, dans un contexte laïque, c'est cela aussi, nécessairement.
Loin d'excuser l'obscène violence de leur contenu, la nature religieuse de ces textes ne la rend que plus dangereuse, néfaste et inacceptable puisqu'ils exigent une foi aveugle dans leurs préceptes et prétendent les soustraire à la critique raisonnée.
 
Si l'on nous dit que la liberté d'expression doit avoir des limites, ces limites doivent être appliquées en tout premier lieu aux textes de référence qui conditionnent la conduite et les actions de millions d'êtres humains.
Et s'il est permis de douter de l'indépendance et de l'impartialité des tribunaux de France à la lumière des aventures et mésaventures de Louis Chagnon, et même de leur compétence à la lumière de l'affaire d'Outreau, il est pourtant de leur devoir de défendre les valeurs fondatrices de la République.
Et qui sait… peut-être nos magistrats finiront-ils par réaliser que c'est aussi leur existence qui est en jeu, puisqu'ils ne sont pas formés pour appliquer la charia et que, si rien n'est fait, ils seront inéluctablement remplacés par des juristes religieux.
 
Peut-être même nos dirigeants politiques finiront-ils par se rappeler que toute idée doit être critiquable, sous peine de laisser disparaître la Liberté, si facile à perdre, si difficile à défendre et si immensément difficile à gagner, cette Liberté dont le prix se mesure en sang et en larmes, un prix que nos ancêtres ont maintes fois payé, Liberté qui constitue le plus précieux héritage que nous devons à nos enfants.
 
Quant aux religieux intégristes, fondamentalistes ou fanatiques qui ne manqueront pas de crier au blasphème pour interdire l'analyse critique et la mise en cause légale, fût-elle partielle, de leurs textes sacrés, ils ne feront alors que démontrer l'urgence d'une telle démarche, en se rangeant du côté du terrorisme intellectuel et par conséquent du terrorisme tout court.
Ceux-là sont véritablement les ennemis de la Liberté, et il est temps de leur retirer sa protection, dont ils abusent.
On pourra aussi leur faire remarquer qu'il ne s'agit pas de blasphème.
En effet, les tribunaux de la République n'ont pas de compétence pour déterminer la validité spirituelle d'un texte religieux, et là n'est pas la question.
Il ne s'agira pas de juger de la nature du Coran, mais, beaucoup plus simplement, de statuer sur sa compatibilité avec les lois de la démocratie et de la République Française, en se basant sur les mêmes règles qui seraient applicables à tout autre texte.
Par Ofek - Publié dans : Islam - Religion Amour Tolérance Paix
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