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« Les puissances de paille doivent accepter la réalité indéniable : il existe aujourd'hui dans le monde une puissance montante qui défie leurs idéologies sans fondement »
La Résolution 1737 de l'ONU imposant des sanctions à l'Iran, adoptée le 23 décembre 2006, interdit à l'Iran toute relation susceptible de faire progresser ses programmes de missiles nucléaires et balistiques.
La Résolution décrète en outre le gel des avoirs des personnes et compagnies impliquées dans ces programmes.
La réaction iranienne aux sanctions, venue de hauts responsables du régime, est d'ignorer la Résolution de l'ONU et de continuer à développer son programme nucléaire à plein régime.
Voici quelques réactions, telles que publiées dans la presse iranienne :
Le président Ahmadinejad : « L'Iran sera un Etat nucléaire, que cela leur plaise ou pas » ; « la nation iranienne assènera une claque historique à ses ennemis ».
Dans un discours du 24 décembre 2006, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que les sanctions n'empêcheraient pas l'Iran de développer ses capacités nucléaires :
« Ils [les pays représentés au Conseil de sécurité] regretteront bientôt leur geste superficiel… [Le développement du] cycle de combustible nucléaire est l'affaire de l'Iran.
Nul ne peut retirer cette technologie à la nation iranienne.
Lors des 10 jours de Fajr cette année, toute la nation iranienne fêtera le festival nucléaire… (1)
Aujourd'hui, la nation iranienne est plus unie que jamais et elle défendra résolument son droit à la technologie nucléaire.
Que cela plaise ou pas, l'Iran est un Etat nucléaire, et ceux qui le soutiennent en tireront profit…
[L'Occident] ne veut pas que notre pays avance, parce qu'il sait parfaitement que si notre technologie nucléaire progresse, les progrès seront plus rapides dans d'autres domaines également, grâce à cette technologie » (2).
Dans un discours du 2 janvier 2007 prononcé au Khuzestân, Ahmadinejad a réitéré ces propos, ajoutant que :
« les ennemis de l'Iran ne pourront pas barrer la route aux aspirations de la nation iranienne, qui leur assènera une claque historique ».
Dans un autre discours, il a déclaré :
« Les nations assisteront prochainement à la chute du criminel régime sioniste et de l'Amérique ». (3).
Ali Larijani : « Notre réaction immédiate à ces sanctions sera de faire fonctionner, dès demain matin, 3 000 centrifugeuses à Natanz »
Dans un entretien, le Secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Ali Larijani, chargé du dossier nucléaire, a confié au quotidien iranien Kayhan, affilié au Guide suprême Ali Khamenei, que les sanctions n'auraient aucun impact sur le programme nucléaire iranien et ne feraient qu'aider l'Iran à atteindre ses buts :
« Notre réaction immédiate à ces sanctions est que demain matin, 3 000 centrifugeuses commenceront à fonctionner à Natanz.
Nous [poursuivons] notre programme à plein régime…
Nous avons déjà déclaré à plusieurs reprises que même si l'Occident décide de se servir du Conseil de sécurité comme levier [pour exercer des pressions sur l'Iran], cela ne changera rien à nos aspirations ; au contraire, nous ne serons que plus déterminés à atteindre nos objectifs nucléaires aussi vite que possible… »(4).
Un membre du Conseil de pilotage des relations extérieures : « les sanctions n'auront aucun effet sur les progrès nucléaires de l'Iran ».
Ali Akbar Velayati, du Conseil de pilotage des relations extérieures, qui sert de conseiller au Guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré dans une interview du 31 décembre 2006 pour l'Agence de presse iranienne Mehr :
« La Résolution du Conseil de sécurité, adoptée sous la pression américaine et britannique afin d'exercer des pressions sur l'Iran, n'affecte nullement les progrès nucléaires de l'Iran…
L'adoption de cette Résolution anti-iranienne n'était pas un geste inattendu de la part du Conseil de Sécurité…
Mais le point important est que le destin du programme nucléaire de l'Iran, développé à des fins pacifiques, sera déterminé en Iran même, et non par des acteurs extérieurs…
Ces sanctions n'empêcheront pas l'Iran de continuer à développer sa technologie nucléaire et d'achever ses recherches.
[En fait], elles ne font qu'accroître la détermination de la nation et du régime » (5).
Le président du Comité parlementaire iranien pour la sécurité nationale et étrangère : « les 3000 centrifugeuses entreront très prochainement en fonction ».
Alaa Al-Din Boroujerdi, président du comité parlementaire iranien pour la sécurité nationale et la politique étrangère, a annoncé que la Résolution des sanctions n'aurait pas d'effet négatif sur le développement nucléaire de l'Iran.
Elle ne ferait au contraire que l'accélérer :
« Non seulement la Résolution de sanctions n'aide pas à la réalisation des objectifs occidentaux [de mettre un terme au programme nucléaire iranien] ; elle a provoqué une accélération de l'activité nucléaire iranienne.
Ainsi que l'indique la déclaration du [ministère de Affaires étrangères], 3 000 centrifugeuses seront bientôt mises en marche, conformément à la décision du Conseil suprême de la sécurité nationale… » (6).
En outre, Boroujerdi a déclaré que « lors d'une réunion commune entre les trois conseils – de la sécurité nationale, de l'énergie et de l'industrie -, nous apporterons une dernière évaluation à la construction d'installations nucléaires sur la base du savoir faire local…
Toutes les étapes, de l'extraction d'uranium à sa conversion en énergie, sont aujourd'hui exécutées par les spécialistes nés dans le pays… Tout le régime est déterminé sur la question.
La menace américaine, née il y a vingt ans, de boycotter l'Iran en se servant de son poids au Conseil de sécurité, n'aura aucun effet sur les aspirations et les objectifs de la nation » (7).
Le directeur du bureau politique des Gardiens de la Révolution : « L'Iran entre dans le club des puissances nucléaires ».
Dans un article paru le 1er janvier 2007 dans l'hebdomadaire Sabh-e Sadeq, porte-parole du Guide suprême iranien Ali Khamenei auprès des Gardiens de Révolution, le général Yadallah Javani, directeur du Bureau politique des Gardiens de la Révolution, affirme que l'Iran entre dans le club des puissances nucléaires après avoir décidé de ne pas se soumettre aux puissances occidentales :
« … Tout pays qui souhaite être indépendant et préserver ses droits et ses intérêts, doit compter sur ses [propres] moyens et demeurer ferme face aux pressions [internationales], grâce à l'unité [nationale] et la solidarité.
[Tel est] le chemin que la nation et le régime iraniens ont choisi d'emprunter dans le conflit nucléaire.
La nation iranienne acquiert actuellement savoir-faire et technologie et entre dans le club des puissances nucléaires.
Vu sa force nationale, [elle peut] contrer les pressions et les faiblesses de ses ennemis.
[C'est pourquoi] il n'y a aucune raison… de céder aux menaces de ceux qui emploient le langage de la force » (8).
Dans autre article sur les sanctions, paru dans le même numéro de Sobh-e Sadeq, on peut lire :
« …il ne fait aucun doute que la nucléarisation de l'Iran va modifier l'équilibre des puissances dans la région et faire de l'Iran un acteur décisif.
Les superpuissances régionales ont bien compris que la direction de la région du Moyen-Orient leur échappera et qu'une grande partie de la région se trouvera sous l'influence morale de la Révolution islamique d'Iran… » (9).
Sobh-e Sadeq :
« L'Iran peut, et doit… poursuivre son programme nucléaire avec plus de détermination et de vigueur ».
Dans un éditorial du 23 décembre 2006, Sobh-e Sadeq affirme que les sanctions n'empêcheront pas l'Iran de parvenir à la technologie nucléaire, vu que l'Iran a déjà passé le plus difficile et n'hésitera pas à aller jusqu'au bout :
« Au vu des élections [de l'Assemblée des Experts et des conseils municipaux] tenues le 15 décembre 2006… qui reflètent le soutien national et la puissance militaire appuyée par le soutien populaire de la nation elle-même, l'Iran peut et doit adopter une position de plus grande fermeté et poursuivre son programme nucléaire avec plus de résolution et de vigueur…
Il convient de noter que l'Iran a traversé seul les difficultés et que la situation actuelle n'est pas pire que le chemin déjà parcouru.
C'est pourquoi nous devons poursuivre notre chemin avec sagesse et perspicacité, et sans faillir, jusqu'à arriver au résultat final » (10).
Les Gardiens de la Révolution : « Il est illégitime d'imposer des sanctions ».
Une déclaration diffusée par les Gardiens de la Révolution le 25 décembre 2006 affirme :
« [La résolution de sanctions] est une mesure qui n'est basée sur aucune espèce de légitimité internationale…
Les Gardiens de la Révolution ne permettront à aucun conseil de causer le moindre tort à l'Iran.
Les ennemis de cette nation savent que tout empiètement de leur part provoquera une réaction détonante de la part de la nation iranienne…
Les puissances de paille doivent accepter la réalité indéniable qui est que dans le monde d'aujourd'hui, il existe une puissance montante qui défie leurs idéologies sans fondement » (11).
L'ayatollah Nouri-Hamedani : « En aucun cas, nous ne gèlerons nos activités scientifiques à des fins pacifiques ».
Lors d'une réunion de hauts responsables militaires des Gardiens de la Révolution, l'ayatollah Hossein Nouri-Hamedani, l'une des autorités religieuses du régime iranien, a déclaré que l'Iran continuerait à acquérir la technologie nucléaire.
Extraits du rapport de Kayhan sur la réunion :
« L'ayatollah Hossein Nouri-Hamedani a qualifié la décision du Conseil de sécurité de l'ONU d'opprimante et d'inacceptable…
Il a dit : 'Malheureusement, quand le Conseil de sécurité de l'ONU a ouvert le dossier nucléaire iranien, il a mis de côté justice et rectitude et a adopté une Résolution sous la pression des Etats-Unis…
Avec courage et sans aucune crainte face à ces menaces, nous poursuivons nos activités dans le domaine de l'utilisation de l'énergie nucléaire à des fins pacifiques…
Le Conseil de sécurité de l'ONU a perdu son indépendance, et l'Iran ne reconnaît donc plus les Résolutions de ce conseil, adoptées sous la pression d'autres pays…
Nous considérons nos acquis nucléaires comme un droit absolu, et nous n'appliquerons jamais les Résolutions du Conseil de sécurité… » (12).
Jomhouri-ye Eslami : « Les menaces de l'ennemi sont encore creuses… Nous pouvons… remporter la victoire finale ».
Un éditorial du quotidien Jomhouri-ye Eslami (daté du 27 décembre 2006), proche des séminaires religieux de Qom, affirme que l'unité du peuple en Iran conduira à la victoire finale dans la bataille pour le droit à la technologie nucléaire :
« … Il est temps pour nous tous de nous battre en commun afin de venir à bout de la [résolution de sanctions] des ennemis de la nation iranienne.
Nous devons tous… mettre de côté la question des élections… et soutenir [nos] dirigeants.
Les personnes en position d'autorité, les activistes politiques et les différents secteurs doivent obéir aux ordres du dirigeant [Khamenei] sans poser de questions et placer l'intérêt général au-dessus de tout le reste…
Les menaces des ennemis sont encore creuses… Nous pouvons, grâce à l'unité dans nos rangs, retourner à la table des négociations sans nous plier aux conditions de l'ennemi, et ainsi remporter la victoire finale » (13).
Kayhan : « Le prix que nous payons n'est rien par rapport à ce que nous allons obtenir ».
Dans un éditorial du 28 décembre 2006, Kayhan affirme que le prix payé par l'Iran avec la Résolution de sanctions n'est que peu de chose comparé à la technologie nucléaire à laquelle l'Iran finira pas accéder :
«… Pour plus de 80%, cette Résolution de sanctions… est psychologique ; c'est une tactique très appréciée des Occidentaux…
La Résolution 1737 se focalise uniquement sur le programme nucléaire et le programme de missiles balistiques iraniens, sans s'intéresser aux questions extérieures à ces programmes.
Même lorsqu'elle évoque des restrictions dans les déplacements de certains individus, ou la confiscation de comptes bancaires, il ne s'agit en fait que d'individus et de comptes bancaires liés au programme nucléaire ou au programme de missiles balistiques, sans aucun rapport avec les autres aspects des relations de l'Iran avec les nations du monde…
Au bout du compte, les menaces ne sont pas si sérieuses, et le prix que nous payons n'est rien comparé à ce que nous allons obtenir » (14).
Notes :
[1] Pendant les 10 jours de Fajr, qui tombent cette année entre le 1er et le 10 février, l'Iran fête le retour de l'ayatollah Ruhollah Khomeiny d'exil et la victoire de la Révolution islamique. Mehdi Mostafavi, vice-ministre iranien de l'Intérieur, a ainsi déclaré : "Pendant les dix jours de Fajr, nous allons commencer la première phase de la production du cycle de combustible nucléaire conformément à [nos] besoins industriels." (ILNA, le 26 décembre 2006)
[2] ISNA (Iran), le 24 décembre 2006.
[3] IRNA, le 2 janvier 2007.
[4] Kayhan (Iran), le 24 décembre 2006.
[5] Agence de presse Mehr, le 31 décembre 2006.
[6] ISNA, le 26 décembre 2006.
[7] Kayhan (Iran), le 30 décembre 2006.
[8] Sobh-e Sadeq (Iran), le 1er janvier 2007.
[9] Sobh-e Sadeq (Iran), le 1er janvier 2007.
[10] Sobh-e Sadeq (Iran), le 23 décembre 2006.
[11] Ansar News, le 26 décembre 2006.
[12] Kayhan (Iran), le 25 décembre 2006. Un autre haut responsable, le membre de l'Assemblée des experts l'ayatollah Emami-Kashani, a déclaré lors de la prière du vendredi 29 décembre 2006 à Téhéran : "Devant des milliards de personnes dans le monde, l'Iran se tient dignement, tient sa parole, et ne changera jamais de position… Bien que ces actions et ces mesures (en référence aux sanctions) soient une source de gêne et de préoccupation dans le pays, la nation iranienne neutralisera les complots de l'ennemi et le mettra en de déroute…" (Kayhan, le 30 décembre 2006). Le message suivant a été prononcé à toutes les prières du vendredi à Téhéran : "L'Iran islamique suivra son chemin sans s'en écarter, ne courbera pas la tête face aux menaces et ne renoncera pas à atteindre ses objectifs, malgré les pressions politiques et économiques." (Jomhouri-ye Eslami, 30 décembre 2006)
[13] Jomhouri-ye Eslami (Iran), December 27, 2006.
[14] Kayhan (Iran), December 28, 2006.
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